Moulins à scie 2018-01-28T13:18:31+00:00

Vers 1850, l’Angleterre souhaite acheter son bois à un coût moindre en Europe, sonnant le glas de l’époque de la coupe intensive du pin blanc. Mais la signature d’un traité de réciprocité avec les États-Unis et la poussée de la colonisation dans les Hautes-Laurentides ouvrent le marché pour un nouveau produit : le bois de sciage.

On sélectionne le bois

Les bois francs ne sont pas flottables aussi bien que les résineux. L’occasion est donc belle, avec l’ouverture de terres nouvelles, d’établir un peu partout des moulins à scie. Les colons qui cultivent des terres de roche deviennent alors une main d’oeuvre abondante et bon marché. De plus, leur présence rend moins nécessaire le maintien des fermes forestières. En effet, face à des compagnies qui détiennent le monopole de la coupe forestière dans la région, le colon n’a pas beaucoup de pouvoir de négociation s’il veut vendre le surplus de ses récoltes. Il doit donc se tourner vers le travail forestier l’hiver pour récolter l’argent nécessaire à sa survie.

On exploite le bois

1840 voit le début de la transformation des produits forestiers dans les Hautes-Laurentides. Montréal s’industrialise et, comme les États-Unis, a besoin du produit de la forêt. Les moulins à scie s’installent progressivement, mais il faut attendre 1874 et l’arrivée du train à Saint-Jérôme pour que ces installations forestières commencent véritablement à se multiplier. Entre 1892 et 1909, le P’tit Train du Nord accroît sa longueur de 200 kilomètres.

L’arrivée du train dans la région marque véritablement le début de l’âge d’or des moulins à scie dans les Hautes-Laurentides. Il faut du bois pour construire les villes, les villages, les maisons dans les rangs. Le train permet aussi d’exporter un important volume de bois à un marché maintenant facilement accessible, Montréal. Sam Ouellette et Sem Lacaille roulent sur l’or. Les entrepreneurs forestiers installent leurs bureaux et entrepôts près des gares et plusieurs construisent même leur propre chemin de fer privé vers les lieux de coupes. À cette époque, nous pouvons distinguer deux types de moulins à scie. D’abord, il y a les moulins fixes, capables de livrer de très grosses quantités de bois. Ceux-ci sont généralement situés près des grands axes de transport et des centres urbains. Puis, il y a les moulins à scie portatifs, conçus pour scier des quantités modestes de bois sur une courte période, pour construire une grange par exemple.

Le déclin d’une industrie

Le deuxième tiers du XXe siècle voit par contre un déclin très important de l’industrie du bois de sciage. Quelques gros joueurs restent présents et modernisent leurs équipements. Seuls quelques-uns sont encore en opération aujourd’hui. Heureusement pour les bûcherons, la fin du XIXe siècle avait apporté un nouveau produit particulièrement populaire aux États-Unis : le papier journal. Fait à partir de résineux, ce produit nécessite des équipements industriels d’envergure et aucune compagnie forestière ne souhaite établir d’usine dans le haut des rivières Gatineau, Lièvre et Rouge. C’est alors le début d’une nouvelle phase de flottage du bois. La drave et les camps de bûcherons traversent donc toute la période de l’exploitation forestière dans la région, le bois étant expédié à Buckingham pour être transformé en papier.

La décennie 1990 voit la fin du flottage du bois au Québec. Désormais, cette ressource première est exportée par camion.

Moulin à scie de Félix Tisserand, de 1911 à 1939, à Chute-Victoria (Chute-Saint-Philippe). Français arrivé dans la région influencé par le curé Labelle, M. Tisserand s’installe près du supposé futur trajet du chemin de fer et y ouvre un moulin à scie. Finalement, au lieu de se diriger vers Ferme-Neuve en longeant le chemin Gouin, le P’tit Train du Nord suivra la route 11.
La maison et pharmacie du Dr. Toussaint Lachappelle, rue de la Madone (Mont-Laurier), représente bien le fruit du travail des employés des moulins à scie: il s’agirait d’une des premières maisons de planche de la ville. La brique sert souvent de revêtement extérieur.
Vue d’ensemble du moulin à scie et du pouvoir électrique à gauche, pouvoir qui fournissait l’électricité à Val-Barrette, Lac-des-Écorces et Kiamika en 1942. Il s’agit du moulin à scie de M. Adrien Meilleur, sur la rivière Kiamika, en aval de la route Pierre-Neveu, à Val-Barrette (de nos jours, Val-Barrette fait partie de la municipalité de Lac-des-Écorces).
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Photo du moulin à scie Meilleur de Val-Barrette tirée du fonds P133, Ruth Forget. On peut y voir un moulin à scie plus important que les autres et qui est encore en affaires aujourd’hui.
Vue d’ensemble du moulin à scie d’Honorius Matte, du barrage et du pont couvert sur la rivière Kiamika (vers 1897). Le moulin sera plus tard racheté par Adrien Meilleur.
Scierie de Séraphin Bock. Mont-Laurier.
Le moulin à scie de Sam Ouellette et la tannerie de Zotique Reno près de l’actuelle pisciculture de Val-Barrette (Lac-des-Écorces).
Le premier moulin à scie entre la route 309 et la rivière du Lièvre vers Mont-St-Michel. Il a d’abord appartenu à Albiny Éthier, puis à Fortunat Meilleur et enfin à Maximilien Meilleur.
Moulin à scie Leblanc. Ferme-Neuve.
Moulin à scie, au coin de la 16e rue et 9e avenue à Ferme-Neuve, qui fut la propriété successive de Omer Brosseau, Jean-Réal Mayer et Gérard Meilleur.
Les employés du moulin à scie de Gérard Meilleur, au coin de la 9e avenue et 16e rue (Ferme-Neuve). Il y a le propriétaire Gérard Meilleur, Robert Bolduc, les quatres frères Ouellette (Yvan, François, Marcel et Florian), les trois frères Desjardins (Bernars, Horace et Georges), Omer Mayer, Maurice Dumoulin, Robert Mayer, Denis Mayer et quelques autres.
Moulin à scie d’Honoré Bélanger à Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles. Il sera plus tard reconstruit par J. Baptiste Dubé.