L’industrie forestière dans les Hautes-Laurentides 2018-01-30T20:29:15+00:00

Introduction à l’exposition

L’épopée du bois

La grande épopée québécoise de l’industrie forestière débute vers 1800. Le blocus européen de Napoléon privant la Grande-Bretagne du bois scandinave, celle-ci se tourne vers ses colonies pour s’approvisionner. William Price et Philémon Wright prennent d’assaut les forêts et fournissent le pin nécessaire à la construction de bateaux.

 

Des régions verdoyantes

À la même époque, quelques cantons sont ouverts à la colonisation en Outaouais et en Estrie, territoires possédant supposément des ressources forestières «illimitées». Des colons anglophones commencent à défricher la terre pour la cultiver. Mais c’est là une exception : dans les cantons, c’est l’industrie forestière qui domine. Les cultivateurs canadiens-français défrichent la terre pour cultiver et vendent leur bois aux marchands anglais, puis passent l’hiver dans des camps de bûcherons pour amener un peu plus d’argent à la maison. D’autres hommes se font draveurs au printemps et à l’été, acheminant le bois par les rivières jusqu’aux villes. C’est l’époque des cageux sur la rivière des Outaouais. D’immenses radeaux partent de la forêt et se rendent jusqu’à Montréal et Québec, d’où ils seront remontés en bateau qui seront déconstruits en Angleterre. Pour nourrir ces camps de bûcherons, les compagnies forestières établissent des fermes forestières. C’est l’époque des cageux de la rivière des Outaouais et du fleuve Saint-Laurent.

Les cageux sont des hommes qui construisent d’immenses radeaux de billots d’une longueur de plusieurs centaines de mètres et devant se rendre de la rivière des Outaouais jusqu’à Montréal ou Québec malgré les rapides et les intempéries. Les « résidents » de ces radeaux sont appelés « cageux » et vivent dans la cage du radeau pendant le trajet devant les mener à l’endroit où ces radeaux seront démontés, puis embarqués dans les transatlantiques à destination de l’Angleterre.

Pour nourrir les camps de bûcherons, les compagnies forestières établissent des fermes forestières, immenses domaines produisant l’avoine destiné aux chevaux, les patates, légumes et animaux de boucherie destinés aux bûcherons travaillant à une distance raisonnable. C’est l’époque de Jos Montferrand.

Après la rébellion des Patriotes, le gouvernement du Canada ouvre progressivement des terres aux colons canadiens-français. C’est l’époque du curé Labelle et de la colonisation des Laurentides et de la vallée de la Gatineau. Les fermes forestières s’effacent peu à peu face à l’ouverture des terres agricoles. Ce sont les agriculteurs qui vendront leurs surplus aux compagnies forestières.

Les Hautes-Laurentides sont une région à la forêt verdoyante et où les industries y étant liées connaissent un indéniable succès. Par contre, malgré ces atouts, au début du XXe siècle, le mode de vie y était souvent très modeste. Ici, le moulin à scie de Samuel Ouellette avec sa cour à bois et la maison de M. Jean-Baptiste Forget.
Maison de Georges Bazinet au Lac Saint-Paul avec sa fromagerie.

Des régions pauvres

Ces nouvelles terres de colonisation réservent toutefois de mauvaises surprises aux colons. Elles sont généralement moins fertiles que les bonnes terres de la vallée du Saint-Laurent et les sols y sont beaucoup plus rocailleux. Les nouvelles régions étant loin des grands centres et entourées de forêt, l’économie repose presque uniquement sur l’industrie forestière.

En 1854, le Canada-Uni signe un traité de réciprocité avec les États-Unis. De son côté, l’Angleterre décide d’acheter son bois le moins cher possible. C’est le début d’un commerce intensif du bois avec les États-Unis. Par contre, dix ans plus tard, la situation bascule : puisque l’Angleterre avait appuyé les États du Sud dans leur guerre contre le gouvernement des États-Unis, le traité de réciprocité n’est pas renouvelé! Il faut trouver de nouveaux débouchés pour les produits du bois.

C’est ainsi que naissent plusieurs usines de pâtes et papiers entre 1850 et 1930. La MacLaren construit une usine à Buckingham et tous les résineux y aboutissent. Quant aux bois francs, ils servent généralement à la construction dans les cantons nouvellement ouverts à la colonisation. Les moulins à scie se multiplient et quelques usines de contreplaqué apparaissent.

Des monopoles forestiers

Pour fabriquer du papier avec des machines performantes, il faut des quantités industrielles de bois. Petit à petit, les grandes corporations forestières en sont venues à se tailler de véritables empires sur les terres publiques qui leur étaient concédées. Face à ces géants, les petits entrepreneurs forestiers devaient se tourner vers un approvisionnement autonome et vers la vente sur le marché local.